Se former à l’agritourisme en permaculture : modes d’emploi pour métiers heure(ux) et durables
15 août 2025
L’essor de l’agritourisme permaculturel : un secteur en pleine croissance
Associer tourisme rural et pratiques agricoles respectueuses : voilà le pari de l’agritourisme en permaculture ! Ce secteur, au croisement du développement local, de l’éducation à l’environnement et de l’innovation agricole, séduit de plus en plus de porteurs de projets en France. En 2022, près de 16 500 structures agritouristiques (source : Ministère de l’Agriculture) accueillaient des visiteurs, et une partie d’entre elles misent aujourd’hui sur la permaculture pour attirer une clientèle curieuse de modes de vie plus doux et plus verts.
Mais alors, comment se former pour s’impliquer dans ce beau projet ? Allier l’accueil, la pédagogie, l’agriculture biologique, la gestion de projet : l’aventure demande des bases solides ! Voici le panorama complet des options de formation qui s’offrent à celles et ceux qui rêvent de bâtir leur paradis agricole et d’y accueillir le public.
Comprendre les fondamentaux de l’agritourisme en permaculture
Avant même de penser formation, il est utile de bien saisir les spécificités du secteur :
- La diversité des activités : accueil à la ferme, ateliers pédagogiques, visites guidées, hébergements insolites, restauration à base de productions locales...
- La philosophie permacole : observer, s’inspirer de la nature, privilégier la résilience, la durabilité et la coopération entre les êtres vivants.
- Les publics visés : familles, scolaires, touristes éco-sensibles, groupes associatifs...
- La nécessité d’une gestion polyvalente : production, communication, gestion, accueil, éducation… le tout dans une logique entrepreneuriale.
Pour cela, une formation polyvalente s’impose, croisant techniques agricoles, écologie pratique, développement touristique et sens de l’accueil.
Quelles sont les compétences clés à acquérir ?
- Connaissances en permaculture : Savoir concevoir et entretenir un espace agricole durable (sols vivants, systèmes résilients, gestion de l’eau, associations végétales...)
- Techniques d’accueil et d’animation : Organiser des ateliers, des visites, aménager des espaces d’accueil variés
- Gestion de projet et entrepreneuriat : Créer une structure, élaborer un business plan, savoir gérer des équipes et la relation client
- Communication et pédagogie : Capacité à transmettre, vulgariser, sensibiliser, aussi bien pour le grand public que pour des scolaires
- Normes et réglementation : Connaître les obligations liées au tourisme, à l’hygiène alimentaire, au label bio, aux ERP (établissements recevant du public)
Un parcours qui suppose de jongler entre l’envie de cultiver la terre et celle d’ouvrir grand ses portes !
Les différentes voies de formation : diplômes, stages, certifications
Formations diplômantes : du CAP agricole au Master
Les formations agricoles classiques sont une base précieuse, même pour celles et ceux qui souhaitent aller vers la permaculture. Voici les diplômes les plus pertinents :
- CAP Agricole Métiers de l’agriculture (apprentissage ou adulte), propose une première immersion solide ; les options "polyculture-élevage" ou "productions horticoles" peuvent être appuyées par des stages dans des fermes en permaculture.
- BPA Travaux de production horticole ou maraîchère, en spécialisation biologique et circuits courts.
- BPREA (Brevet professionnel responsable d’exploitation agricole) : très apprécié des porteurs de projet, il se prépare en formation continue, initiale ou VAE. Le BPREA existe en option agriculture biologique ; certains CFPPA (Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole) y intègrent des modules permaculture, notamment à Carmejane (Alpes-de-Haute-Provence) ou Dax (Landes).
- BTSA Agronomie, systèmes de culture/production horticole : ouvre à la conception de projets agri-écologiques, avec parfois une coloration tourisme/agritourisme selon les établissements.
- Licences et Masters en développement rural, tourisme durable, gestion de l’environnement : pour aller plus loin, développer des compétences en gestion de projet, pilotage d’équipes et communication spécialisée.
Stages pratiques et formations courtes en permaculture
Les formations longues peuvent être complétées (ou remplacées, pour certains profils en reconversion) par des sessions plus courtes :
- Certificat de Design en Permaculture (CDP) : la référence, dispensée en 72 h (souvent sur 2 semaines) sur site. Il existe plus de 70 organismes en France affiliés au réseau international (source : permaculture.fr), dont Fermes d’Avenir, Association Brin de Paille ou Les Alvéoles.
- Formations animées par Terre & Humanisme : pionniers de la transmission en agroécologie et permaculture, stages d’une à quatre semaines, souvent très axés pédagogie et transmission.
- MOOC et formations en ligne : "Concevoir une microferme en permaculture" (Fermes d’Avenir/AgroParisTech), ou "Permaculture, agroécologie, et systèmes alimentaires durables" (SupAgro Montpellier) sur FUN MOOC.
De nombreux stages mêlent concret et théorie, en immersion totale sur des fermes, avec une grande place à l’observation, la créativité et l’adaptation au contexte local.
Formations spécifiques à l’agritourisme et à l’accueil rural
- Certificat d’Aptitude à l’Accueil en Milieu Rural (CAAMR), proposé par la Chambre d’Agriculture et certains CFPPA.
- Certificat "Accueil à la ferme" du réseau Accueil Paysan.
- Modules tourisme durable / animation nature : certains GRETA ou Universités populaires proposent des cycles dédiés (ex : "Créer et animer une activité touristique à la ferme" par le CFPPA de Hyères).
- Label "Bienvenue à la ferme" : non une formation, mais un accompagnement, incluant des modules d’accueil, de communication, d’hygiène, etc.
Regrouper ces cursus offre un vrai plus à un projet d’agritourisme : cela aide à penser l’expérience du visiteur, aménager les espaces et créer des animations attractives.
Se spécialiser : des formations complémentaires à explorer
L’agritourisme en permaculture, c’est aussi savoir accueillir, sensibiliser et gérer une activité familiale ou collective. Quelques pistes :
- CQP Animateur nature (Certificat de Qualification Professionnelle : animation, pédagogie, sécurité des groupes... indispensable si l’on vise l’accueil de scolaires).
- Formations en gestion d’hébergement insolite (yourtes, cabanes…) par certains réseaux de tourisme vert : voir UNAT (Union nationale de tourisme).
- Formations en communication digitale et marketing touristique : parce que visibilité et réservation en ligne sont clés aujourd’hui (au moins 80 % des touristes réservent sur internet ; source : Atout France).
- Permis d’exploiter pour la restauration et licences spécifiques si l’on propose boissons ou produits transformés.
Le parcours de la reconversion : conseils pratiques pour sauter le pas
Le secteur attire de nombreux actifs en quête de sens : la majorité des créateurs de structures agritouristiques en permaculture avaient une première vie pro en ville ! D’après Agreste, 28 % des nouvelles fermes en permaculture sont créées par des profils en reconversion (enseignants, infirmiers, ingénieurs, cadres...). Que faire alors ?
- Réaliser un Bilan de compétences via un centre spécialisé ou France Travail, pour cibler ses forces et ses besoins de formation.
- Visiter des fermes ouvertes, échanger avec des exploitants : le réseau WWOOF et Réseau CIVAM permettent d’expérimenter sur le terrain. Rien de tel que plusieurs séjours de bénévolat pour confirmer ses choix.
- S’informer sur les sources de financement : CPF, Pôle Emploi, Région, Fonds de formation agricole, parfois fonds européens LEADER pour certains projets ruraux.
- Éviter de brûler les étapes : rien ne vaut l’acquisition progressive des compétences, d’abord en salarié, bénévole, saisonnier ou stagiaire, avant d’ouvrir son propre lieu.
Les débouchés : un secteur porteur et ouvert à l’innovation
Selon Agrotourisme France, la fréquentation de sites agritouristiques en France a augmenté de 17 % sur la décennie 2011-2021. Le secteur recrute, aussi bien pour l’animation, la gestion que l’accompagnement à la transition écologique. Les métiers sont variés :
- Gérant de ferme pédagogique ou agrotouristique
- Animateur-nature spécialisé en permaculture
- Consultant en implantation de projets permacoles ouverts au public
- Responsable d’hébergement rural
- Formateur/trice en agroécologie et permaculture
Un atout supplémentaire : la possibilité de diversifier les sources de revenus : vente directe, ateliers, hébergement, restauration, accueil de classes vertes… La réussite d’une structure passe par la pluralité de services et l’adaptabilité aux attentes du public.
Ressources et liens utiles pour se lancer
- Chambres d’agriculture : conseils, accompagnement, cartographie des formations locales
- Réseaux réseaux Accueil Paysan et Bienvenue à la Ferme : formation, labellisation, entraide
- permaculture.fr : agenda des formations et stages
- Réseau CIVAM : échanges et chantiers collectifs
- CerFrance pour l’accompagnement à la création d’entreprise rurale
- FUN MOOC pour les formations à distance
Un secteur à façonner selon ses envies
Parce que l’agritourisme en permaculture est un univers multiple et vivant, chaque parcours sera unique : certains choisiront un cursus long, d’autres multiplieront les stages, beaucoup croiseront apprentissage pratique et théorie. Mais tous auront la même ambition : créer des lieux où la terre, les hommes et la transmission s’épanouissent ensemble. À chacun d’inventer sa voie, les mains dans la terre et la tête pleine d’idées !
