Trois façons de multiplier le Pittosporum : secrets d’une propagation vivace
3 septembre 2025
Pittosporum : l’essentiel à connaître avant de multiplier
Le genre Pittosporum, originaire surtout d’Asie, d’Océanie et d’Afrique australe, compte près de 200 espèces (source : Kew Gardens). Pittosporum tobira, le plus courant dans nos jardins français, est apprécié pour sa résistance au vent, sa tolérance à la sécheresse, et sa croissance modérée (environ 20-40 cm/an dans de bonnes conditions). Avant de le multiplier, il est utile de savoir que la rusticité varie selon les espèces : P. tobira résiste à -10°C, mais d’autres espèces sont plus frileuses.
- Période idéale de multiplication : de mars à septembre, selon la technique.
- Sols préférés : drainés mais pas secs, légèrement acides à neutres.
- Multiplication utilisée en pépinière : le bouturage domine, car il garantit la fidélité au pied mère (Promesse de Fleurs).
Bouturage du Pittosporum : la méthode la plus fiable
Pourquoi privilégier le bouturage ?
Le bouturage est la technique favorite pour multiplier les pittosporums, surtout les variétés panachées : le semis donne souvent des plants différents du pied mère, alors que le bouturage reproduit fidèlement le feuillage, la floraison et la vigueur. Cette technique donne un taux de réussite élevé : 60-80% avec les bons gestes et les bonnes conditions (source : RHS).
Quel type de bouture et à quel moment ?
- Boutures semi-ligneuses (août-septembre) : prélevez des pousses de l’année, peu lignifiées. Meilleure période pour P. tobira et P. tenuifolium.
- Boutures herbacées (juin-juillet) : sur jeunes pousses tendres, taux de réussite plus aléatoire.
- Boutures à talon pour maximiser l’enracinement : arrachez la bouture avec un éclat du bois ancien.
Étapes détaillées pour réussir les boutures de pittosporum
- Préparer le matériel : sécateur bien aiguisé et désinfecté, hormone de bouturage (optionnelle), godets, mélange sableux (1/2 sable, 1/2 terreau), mini-serre ou sac plastique.
- Prélever la bouture : sectionner une pousse terminale de 8-12 cm, juste sous un nœud. Retirer les feuilles du bas, ne garder que 2-3 feuilles.
- Tremper la base dans une hormone de bouturage (facultatif mais bon taux de reprise).
- Planter la bouture : enfoncer à 3-4 cm, tasser légèrement, arroser.
- Installer sous abri : à la lumière mais sans soleil direct, température idéale 18-22°C.
- Vérifier l’humidité régulièrement, aérer tous les 2 jours.
- Repiquer lorsque des racines blanches apparaissent (après 6 à 10 semaines, parfois plus en fonction de la température).
Astuce : Le pittosporum tolère mal l’excès d’humidité, qui provoque un noircissement de la bouture. Préférez un substrat bien drainé, évitez la condensation sur les feuilles.
Semis du Pittosporum : pour les plus patients… et curieux !
Le semis séduit par la magie de voir naître de nouvelles variétés, mais exige patience et rigueur : les graines de pittosporum germent lentement, et il faut souvent attendre plusieurs années (4 à 7 ans) avant d’admirer une première floraison (Au Jardin.info). Les semis issus de pieds panachés ou greffés ne conservent que rarement les couleurs du feuillage parent, ce qui en fait une expérience réservée aux amateurs de surprises botaniques !
Récolter et préparer les graines de pittosporum
- Les fruits du pittosporum sont de petites capsules qui s’ouvrent en automne, révélant des graines enrobées d’une substance collante (résine sucrée, d’où le nom Pittosporum, du grec “graine poisseuse”).
- Laisser les fruits brunir sur l’arbuste, puis récolter les graines lorsqu’ils s’entrouvrent.
- Gratter la résine avec du sable sec ou du papier essuie-tout, rincer les graines à l’eau tiède.
Le semis pas à pas :
- Stratification froide : Placer les graines au réfrigérateur à 5°C, dans du sable humide, pendant 1 à 2 mois. Cela lève la dormance.
- Semer au chaud (mars-mai) : Enfoncer à peine, arroser pour maintenir le terreau humide mais non détrempé.
- Garder à 20-22°C : Idéalement sous mini-serre ou film plastique. Lever souvent lente : de 3 à 8 semaines.
- Éclaircir puis repiquer dès que le jeune plant a 3-4 feuilles.
- Attention : Les jeunes plantules grandissent lentement la première année et ne supportent pas le froid précoce.
Anecdote : Des tests menés à l’Arboretum de Kew ont montré que moins de 15% des graines germent sans préparation, mais ce taux grimpe à 60% après stratification froide.
Marcottage du pittosporum : une technique pour les passionnés de patience
Le marcottage, technique ancestrale, consiste à encourager une branche basse à former ses propres racines tout en restant attachée à la plante mère. Moins utilisée sur le pittosporum que sur le laurier ou le camélia, elle offre un taux de succès correct (environ 50% selon RHS) et une solution douce pour obtenir des plants déjà vigoureux, l’arbuste ne subissant aucun stress.
Comment marcotter un pittosporum ?
- Sélectionner une branche basse, souple, âgée d’un an de préférence.
- En mai-juin, pratiquer une légère incision sur 2-3 cm, juste en dessous d’un nœud, sans sectionner complètement la tige.
- Appliquer, si possible, une poudre d’hormone de bouturage sur la blessure.
- Maintenir la branche au sol : l’enterrer sous 5 à 10 cm de terre légère, sauf l’extrémité qui doit dépasser.
- Fixer la branche avec un crochet ou une pierre, arroser légèrement en période sèche.
- En 6 à 12 mois, des racines se forment à l’endroit blessé. Couper la connexion avec le pied mère et repiquer à l’automne ou au printemps suivant.
Cette méthode a l’avantage de donner un sujet déjà robuste, qui reprend rapidement après transplantation. Attention toutefois, la manipulation est plus délicate sur les variétés à port érigé, où les branches basses sont rares.
Tableau comparatif des trois méthodes de multiplication
| Méthode | Difficulté | Taux de réussite (moyen) | Fidélité variétale | Délai avant floraison |
|---|---|---|---|---|
| Bouturage | Facile | 60-80% | Oui | 2 à 3 ans |
| Semis | Moyen à difficile | 15-60% (selon stratification) | Non | 4 à 7 ans |
| Marcottage | Moyen | Environ 50% | Oui | 2 à 3 ans |
Comment choisir la bonne méthode selon votre jardin et vos envies ?
- Envie de rapidité et de fidélité : le bouturage reste la meilleure option pour obtenir des sujets identiques, le plus vite possible.
- Pour l’expérience botanique : tentez le semis, vous découvrirez parfois des variations inattendues de feuillage, port, croissance, et même de parfum.
- Pour un plant déjà costaud : le marcottage permet de créer de nouveaux sujets souvent plus vigoureux et moins stressés au repiquage.
Le pittosporum se prête aussi bien à l’expérimentation qu’à la multiplication “de masse” pour composer de jolies haies, ravir les abeilles avec ses fleurs parfumées, et varier les ornements du jardin. Qu’il soit bouturé, marcotté ou semé, chaque jeune sujet apporte une touche vivante et le plaisir de voir s’épanouir le fruit de vos efforts – un vrai bonheur de pépiniériste passionné !
Envie d’aller plus loin ? Essayez d’autres variétés à feuillage pourpre (comme Pittosporum tenuifolium ‘Tom Thumb’) ou panaché, et partagez vos résultats avec d’autres amateurs : chaque multiplication réserve son lot de surprises, et c’est ce qui fait la richesse du monde végétal.
